CRÉATIONS

Sur cette page, trois créations sont évoquées, de la plus récente à la plus ancienne : Vestiges, Jubilee et Müller#3

VESTIGES

Une PERFORMANCE entre mémoire tactile et mémoire fossile

[Création en cours. Retrouvez les premières captations vidéo de la création dans l'onglet JOURNAL. Un teaser sera bientôt publié ici. ]

Le PITCH

Des lumières rasantes, le ressac de la mer.

Des hommes, des femmes, des enfants avancent et reculent.

Des apparitions, des disparitions.

Des vagues

Des danses possédées du souvenir de l’étreinte, des lumières qui rongent et des obscurités qui révèlent.

Puis, le soulèvement de la terre et la disparition de la mer.

Aujourd’hui, quand la montagne craque, des ammonites s’évadent.

La danse dans Vestiges circule entre les corps, les sons, les lumières et de mystérieux fossiles. En faisant de la tendresse humaine, son espace de compression et d’expansion, Vestiges honore le temps et la nature qu’il nous reste


RÉALISATION

L'équipe est en construction. A partir de novembre 2021, un appel sera lancé à destination des professionnels et amateurs du spectacle vivant.

Chorégraphie, idée originale et interprétation: Hélène Marcelle // Création sonore: Raphaël Seguinier


LE Propos de VESTIGES

Ce projet est la suite de deux projets précédents : Jubilee et Closeness. Il s’agit donc d’une trilogie, dite "tactile", dont les concepteurs sont Hélène Marcelle et Laurent Ziegler, photographe, plasticien et performer autrichien. Jubilee est un court-métrage de danse évoquant le désir et le pardon, tourné au Parc du Cinquantenaire (« Jubilee Park » en anglais) à Bruxelles (voir ci-dessous la vidéo!). Closeness est un travail photographique réalisé à Vienne par Laurent Ziegler. Ce projet consiste en des portraits de duos (couples, amis, cousins, voisins, etc.) donnant à voir, dans une profonde sobriété, la reliance. La série inclut aussi les portraits du duo Laurent Ziegler et Hélène Marcelle.

Vestiges poursuit ce cheminement en posant la question « que reste-t-il ? ».  Premièrement, la question est posée en regard de ce qui a déjà été exploré précédemment avec Jubilee et Closeness. A la suite de la rencontre fortuite et effrayante de Jubilee et de la sacralisation du lien humain dans Closeness, Vestiges danse l’empreinte de la tendresse, telle que des hommes, des femmes et des enfants d’aujourd’hui se la remémorent auprès de la chorégraphe. Vestiges danse aussi l’étreinte du temps et de la gravité qui fossilisent et enfouissent dans la densité de la matière de mystérieux secrets. Sans pathos, ni jeu dramatique, sans se cantonner à la seule scientificité du discours géologique, Vestiges navigue dans l’espace poétique s’étirant de la mémoire fossile à la mémoire tactile. En composant une réponse ouverte, Vestiges invite à la contemplation de ce qui persiste, de ce qui éclaire et de ce qui s’oublie.

Notre question est de notre temps. Ainsi, lors de son discours au Collège de France le 10 avril 2019, la chorégraphe belge Anne Teresa De Keersmaeker l’exprimait ainsi : « Que reste-t-il, en effet, que nous reste-t-il, lorsque le nihilisme d’une époque se déchaîne ? Je m’interdis de dire qu’il ne reste rien. La chorégraphe que je suis se doit de répondre : il nous reste notre corps. Notre corps nu. L’esthétique a croisé mes préoccupations politiques, éthiques, écologiques, et quelque chose s’est cristallisé pour moi, que j’appelle : la célébration de l’humain. Je veux dire par là : une célébration des pouvoirs de l’humain à l’intérieur de sa nudité même. Une célébration de l’humain en tant qu’il coparticipe à la Terre et à sa soudaine détresse.  (…) L’horizontal, le vertical, la marche et le souffle, et puis tourner et sauter, et puis chercher l’envol et défier la gravité. C’est à peu près tout. C’est « ce qui reste ». Mais ce tout petit nombre de choses, cette réserve naturelle qu’est demeuré notre corps humain, il nous est encore permis de le sonder avec le sens de l’infini. Car je pense, avec une foi très farouche, que le corps est un inépuisable réservoir de mémoire »[1].

La démarche de Vestiges se situe exactement au coeur de ce réservoir humain et à l'échelle de notre espace-temps géologique, dont les fossiles sont les vestiges muets. La collision entre ces deux dimensions, humaine et géologique, concourt à produire autre chose, une "émergence" comme dirait Nita Little, qui soutient la chorégraphe dans cette nouvelle réalisation. Cette émergence, curieusement, n'est pas tendre. Cette émergence est une nouvelle ouverture, inquiétante et réjouissante à la fois.

LA TRILOGIE TACTILE

JUBILEE CLOSENESS VESTIGES
ANNÉE 2016-2017 2018 2021
MEDIUM Court-métrage couleur, 8 minutes Photographie Mouvement, son, lumière et installation
STYLE Film de danse Portraits Performance et film
DIRECTION Hélène Marcelle et Julien Marcelle Laurent Ziegler Hélène Marcelle
SCÉNOGRAPHIE Extérieur : mur, porte, robe grise, lumière froide, sons de souffle Intérieur : mur, cave, corps nu, lumière chaude Intérieur : mur noir, vêtements noirs, bras et mains nus, lumière crue, contraste fort, diversité de duos. Intérieur : mur blanc, vêtements écru, kaki ou noir, faisceaux de lumière et clignotements, soundscape minéral et océanique.
PITCH Emboîtés l’un dans l’autre, goûtant à un lien secret, deux rêves solitaires entre désir et colère. Le lien humain. Nous connecter l’un à l’autre, nous atteindre, nous solliciter et nous recevoir. Entre mémoire tactile et mémoire fossile, la nature qu’il nous reste.
IDÉES L’espace (emboitement ou séparation), Refoulement, désir, blessure, pardon. Le lien manifeste, le toucher, l’intimité, l’universel. Le temps, le souvenir, le toucher, la tendresse, la compression, la fossilisation, la mémoire géologique.
ACTIONS DES CORPS Deux solos dans deux univers distincts. Des mains qui cherchent à prendre. Des mains surgissant de nulle-part et envahissent. Une résolution entre les mains. Deux corps de nouveau seuls. Duos assis, l’un devant l’autre, les yeux fermés. Des couples, des amis, des cousins, variété de relations. L’un cache l’autre. Le caché apparait avec les mains. Des mains qui rencontrent l’autre et son reçues.  Un solo spatialisé en 4 structures géométriques avec 6 séquences de mouvements modulés selon l’intensité du toucher (réel ou remémoré). 
TOUCHER Irréel et fantasmé Réel et présent Réel mais passé



[1] A.T. DE KEERSMAEKER (2020), Incarner une abstraction, Arles, éd. Actes sud, coll. Le Souffle de l’Esprit, pp29-30.


VESTIGES : UN FORMAT OPEN SOURCE

VESTIGES est aussi un outil pour les Pratiques Amateurs et l’Éducation à la Culture. En effet, la performance Vestiges se construira et se manifestera publiquement à l'occasion de stages de formation en danse contemporaine. Y seront explorés les concepts de mémoire tactile et de mémoire fossile via des techniques de Mouvement Authentique, de chorégraphie purement formelle mais aussi via une appréhension de la lumière, de la musique et de la voix. Nous espérons bien profiter de la réunion dans le Vercors cet été 2021 d'une cinquantaine de danseurs professionnels et amateurs pour tester en grands groupes certaines partitions de la performance afin de confectionner un sole pédagogique près à recevoir les pratiques amateurs.

Ceci dit, si vous désirez participer ou créer un stage "Vestiges" dans votre région, contactez-moi : helenemarcelle@gmail.com

>> PLUS D'INFOS SUR LA PARTICIPATION A VESTIGES




Jubilee

FILM DE DANSE


LE PITCH

Deux êtres cherchent à se joindre

Emboités l'un dans l'autre, goûtant à un lien secret

Deux rêves solitaires entre désir et colère


REALISATION

Idée originale : Hélène Marcelle // Chorégraphie et interprètes: Hélène Marcelle & Laurent Ziegler // Montage: Julien Marcelle // Camera : Arthur Ancion & Simon Pacoret // Musique: Loic Lefol // Étalonnage : Arthur Ancion, Bruxelles 2019.




MULLER #3

UNE Performance BRUTE DANSÉE ET CHANTÉE


LE PITCH

Je suis immense. Je suis brisé. On a volé mon génie.
Je vis ici, dans cette chambre.
Les docteurs sont corrects avec moi.

Qui peut piger la beauté du mouvement perpétuel?
Qui peut voir les étoiles comme je les vois?
Personne sauf moi, Heinrich Anton Muller, l'Inventeur.

RÉALISATION

Idée originale Hélène Marcelle // Performeurs : Hélène Marcelle, Jérôme Porsperger, Marion Fougeret // Création sonore : Sabri Meddeb // Musique interprétée par le contre-tenor Jérôme Prosperger : "Music for a While", Henry Purcell //Cameras : Julien Marcelle //Photographie : Gilles Buyck

LE PROPOS DE MULLER#3

Muller #3 est une performance de danse, chant et geste. C'est un  triptyque sur la vie et la mort d'une des plus grandes figures de l'Art Brut, Heinrich Anton Müller. Incarné dans un corps féminin et transposé en mouvements et musique, Muller#3 est une œuvre commanditée par le art et marges Musée, musée bruxellois pour l'art outsider.