EXPLORATIONS

Vidéos, photographies et notes illustrent quelques expériences qui m'ont particulièrement inspirées ces dernières années tant pour la préparation de cours de danse que pour mes créations. Page en constante construction...

____

CE que le C.I. fait À MON IMAGINAIRE ET MES PERCEPTIONS

Après un temps d'improvisation ou jam, il est fréquent que certains danseurs prennent un temps pour écrire ou dessiner. Récemment, j'ai eu l'opportunité de rencontrer une danseuse contact avec qui le mouvement fut partagé ainsi que la voix. Après un temps de rencontre par le toucher et l'échange du poids de nos corps, prêtant attention à ce que le contact produisait en nous-mêmes, ma nouvelle partenaire m'invita à un temps d'écriture automatique. Chacune avons écrit à notre façon. Voici ce qui arriva tant dans mon expérience que, au fond, dans mon écriture.


Le sol est lisse. Mon corps est dessus. Tout froid.

L'air est là. Nous sommes un peu là.

Fracas silencieux. Une part de moi est touchée. Par quoi? Je ne sais pas.

Velouté chaussette!

Le sol est moi. Elle, elle est dans l'air et sort du sol.

Picotements, scintillement. Je respire des picotements sur des lieux de moi grâce à toi, Velouté Chaussette.


C'était où déjà? Les murs sont avec l'air et collent à nous.

Mon corps est de la vieille lave. Je coule avec rires avec vertèbres dans les membres.

Des cheveux, mais surtout une invasion de petits chevaux. Trottent et picotent pour me donner une direction.

Je suis bien trop occupée à capter les information du galop tactile. Je n'ai pas le temps d'atteindre.


... Mais pour aller où?


Les cloches sonnent en se balançant. Je les vois dans mon thorax. Leur bruit est couvert par les minuties nomades courant sur peau et textiles.

Je découvre que je peux respirer et être avec toi. Je suis à la maison dans ton dos. Les fenêtres scintillent et nous tapotons des doigts dessus.

Je ne sais pas si je sens ton intention mais ma colonne est prête quand tu touches mes membres. Mon bassin prend des décision de capitaine de bateau. Bâbord, Tribord! Le coccyx en figure de proue. Ma tête suit comme une queue.


Trop de toucher, marée montante.

Je ris pour respirer encore mieux.


Mes yeux sont touchés par tes yeux qui scintillent et tout mon corps disparaît d'un seul coup.

Puis le poids revient. Ma masse se pose sur les leviers, pilastres, échafaudages d'os et de bois, tous en mouvement.

Je suis en mode de survie. Le minimum est énorme.

Ca fait longtemps. Non, c'est nouveau!

Je ne sais pas mais mes rotules glissent pour nous sur le sol.


Trop devient tout devient là. Je ris.

C'est plein de textiles et d'air, cette danse!


Tu tires et tu pousses. Tout mon corps n'est pas présent à cela mais une partie seulement.. puis, le tout vient.

Une partie, puis le tout. Tout ne peut pas être là. Je viens de loin. J'essaie d'arriver entière ici.


Tes doigts dans mes omoplates, tu téléguides mes bras.

Comme je les vois bouger, je leur ouvre ma gorge et les bras rugissent.

---

THERE IS NOTHING TO HOLD FROM THE PAST 

En mars 2020, débute une période de peur et de distanciation sociale.. mais aussi, pour moi, un moment de recueillement et d'écoute intérieure où je m'intéresse aux femmes blessées au sein de ma famille. Bondissant un soir hors de mon bureau, camera à la main. Je me suis permise, juste en face de ma maison, dans ma rue, ce temps où hantise et libération semblent évoluer main dans la main. 

https://vimeo.com/user32676840


Turning Pages // 2019

En décembre 2019, je laisse une liste aléatoire de musiques et ma caméra tourner. Mon propos était de simplement d'improviser.

Ici, un extrait de cette matinée d'improvisation du 12 décembre où émerge ce morceau faussement répétitif du saxophoniste Mark Turner.



__

Just One more journey in Not-Knowing // 2019

Au cours de deux semaines de pratique du Contact Improvisation auprès de Joerg Hassmann à Berlin,  Andy Kilian et moi nous sommes offerts une impro face camera avec en tête l'idée de ne jamais se quitter, de prendre notre temps, de ne rien savoir, de ne rien vouloir. Curieusement, on ne s'est pas ennuyés.

____

Dada Danse // 2019

A quoi ressemble de la danse contact quand la différence de taille et de poids est... énorme? Ça donne encore plus d'écoute et de rigolades! J'ai un plaisir immense à travailler avec cette différence, ce grand écart. Ces moments d'explorations me permettent de développer une pédagogie personnelle et accessible pour les parents et leurs enfants intéressés de jouer, de rebondir, de rouler et voler ensemble. Vivement le printemps et l'été prochains pour s'offrir des Dada Danses!

    
____

Trio Improvisation // 2017

Seul, je suis un point. A deux nous sommes un plan. A trois nous sommes un volume plus ou moins profond, plus ou moins vibrant, plus ou moins intègre. Avec la complicité de Raoul Germano et de Charles le Maire, une exploration du trio qui s'avère, ici, véritable un espace de rapports de force et un outil de spatialisation.



An Unscored Meeting // 2017

Une improvisation en duo avec Raoul Germano. Comment sommes-nous redondants? Que se passe-t-il si on attend? Si on ne fait rien de spécial. Raoul Germano a un don inné pour la drôlerie. Lui ouvrir l'espace en ajoutant quasi rien lui donne tout le loisir de placer l'absurde nécessaire pour garder l'improvisation ouverte. J'ai trouvé intéressant, après coup, d'ajouter une petite musique de fond, pleine de bon ton et de retenue, contrastant avec l'improvisation elle-même.



She wishe he was here, there, inside and out //2016

Travail de champ lexical autour de l'attente d'un enfant, du désir et de la solitude. Cette soirée d'exploration au Studio Mutin à Bruxelles a vu émerger de nombreux gestes qui ont ensuite nourri l'improvisation filmée dans mon film Jubilee.



A Ray of LIght // 2015

Le soir du 24 décembre 2015, dans un studio plongé dans la pénombre, un petit solo improvisé sur Fratres d'Arvo Part. En voici un extrait. Mon propos ici est d'interroger l'image. D'où ce choix d'un flou infrarouge. Aussi, j'ai choisi un éclairage plutôt pauvre mais très intéressant dans ses effets d'ombres : une lampe posée à ras du sol, traçant un rayon de lumière. Ce rayon de lumière est aussi, à l'époque de cette improvisation, un thème dans ma danse, entre espoir et nécessité de mémoire.


ZIEGLER LETTERS // 2015

Le concept est simple. C'est celui de l'urgence de danser et de communiquer. Enregistrer un solo improvisé de 8 minutes. Ce solo est une lettre. C'est un message adressé à quelqu'un alors que les mots vous manquent. Une fois le solo enregistré, on se précipite chez soi pour monter les images en moins d'une heure et expédier le message. Voici une Ziegler Letter, enregistrée tout juste à la sortie de mon travail, au pied de la Commission Communautaire Française, face au skyline du quartier nord de Bruxelles.


Parc du CInquantenaire // 2015

L'air de rien, nous nous glissons. Sur une voix. Sur une voie. L'architecture est notre scène. La lumière, le vent, la pluie, les inconnus qui passent par là. Tous sont les lignes de la partition.  [Montage vidéo en préparation]

  

 



 .