La pratique du Contact Improvisation vous est proposée en salle (11-12 Mars 2023) mais aussi en pleine nature (les weekend du 6 mai et du 24 juin 2023)

CONTACT IMPROVISATION (EN SALLE)

11-12 MARS // Île Verte, 1 avenue Frédéric Mistral // 26110 NYONS // 60€ - 1 jour // 100€ - W-E

INTRODUCTION

Le Contact Improvisation (ou “danse contact » en français) émerge dans les années 70 à New York. Sensible, minimaliste ou parfois expansif et virevoltant, le contact Improvisation se pratique en général à deux mais aussi à plus de deux. Il n'exclut pas non plus les solos. La danse émerge grâce à l'échange du poids des corps (balancements, impulsion, glissades, etc.), aux rotations et au lâcher-prise. Mon enseignement du Contact Improvisation s'adresse à toutes celleux ceux qui désirent bouger autrement, avec la possibilité de choisir, de ressentir pleinement le mouvement et de partager cette joie avec d'autres, dans l'instant présent.

Même si le Contact Improvisation relève de l'improvisation, il existe des figures spécifiques. Nombreuses consistent en des portés où un partenaire devient la base pour l'élévation ou le passage de son partenaire. Ces figures vous seront aussi enseignées en considération du niveau de confort de chacun. Avant toute acrobatie, la qualité du Contact Improvisation s'apprécie par le degré de présence à soi et aux autres. Cela reste la base pour oser des mouvements plus aériens.

Échange du poids, respiration, relation à la terre... toutes ces notions sont abordées grâce à une pédagogie progressive, faite de temps d'exercices et d'exploration libre. Ce weekend d'apprentissage est placé sous le signe de la curiosité et du plaisir de bouger ensemble..

Danse de connexion, d'écoute et de liberté, le Contact Improvisation libère la colonne vertébrale, les épaules, le bassin et ouvre le corps entier dans toutes les directions. Cela, en visant toujours l'intégrité corporelle et psychique. Tantôt minimaliste tantôt acrobatique, cette pratique laisse à chacun la possibilité de choisir son engagement énergétique en regard de ses potentiels.

THÈME DU WEEKEND : LES CHEMINS DE TRAVERSE

En nous-mêmes, ouvrons le corps dans toutes les directions et découvrons ses sentiers intérieurs, complices du mouvement. En duo et trio, les chemins de traverse se dessinent entre nous et à travers nous. Comment les sentir ? Comment s’y engager en maintenant notre intégrité et la liberté des partenaires ?

En échangeant nos gravités, le poids lui aussi circule le long de ses propres chemins. On le suit… ou pas ? Que se passe-t-il alors ?

Ce weekend du 1 et 12 mars, nous franchirons donc un pas vers la légèreté, la fluidité et le confort en découvrant ensemble ce que le corps et le contact nous apprennent de nos chemins habituels mais aussi et surtout des chemins de traverse, insoupçonnés et surprenant de générosité. Cette proposition permettra aux débutants d'oser une relation créative à eux-mêmes pour ensuite se sentir à l'aise dans la relation de danse avec partenaire-s. Cette proposition renforce l'habileté des expérimentés en les invitant à rompre avec leurs habitudes et réflexes d'improvisation.

POUR TOUS

Débutants: Cette proposition permettra aux débutants d'oser une relation créative à eux-mêmes pour ensuite se sentir à l'aise dans la relation de danse avec partenaire-s.

Expérimentés: Cette proposition renforce l'habileté des expérimentés en les invitant à rompre avec leurs habitudes et réflexes d'improvisation et en ouvrant encore plus leurs capacités d'écoute.

La diversités des corps et des capacités fondent l'humanisme du Contact Improvisation.

VIDEOS

Voici deux illustrations de Contact Improvisation. L'une entre deux danseurs expérimentés et l'autre entre l'enseignante.. et sa mère de 67 ans :-)


CONTACT IMPROVISATION (EN PLEIN AIR)

WEEKEND 1 (5-6-7 MAI 2023) : TEMPS ET FLUX

WEEKEND 2 (23-24-25 JUIN 2023) : ESPACE ET DÉSORIENTATION

Chaque weekend porte sur une investigation particulière où le C.I. entre en dialogue avec les techniques du corps et la composition en danse contemporaine. Un dialogue réflexif, physique et ludique au cœur du Parc Naturel Régional des Baronnies Provençales.


DEUX WEEKENDS D'INITIATION, D'EXPLORATION ET DE DÉTENTE

***POSSIBLE DE S'INSCRIRE POUR UNE JOURNÉE***

INSCRIPTIONS // ORGANISATION

POUR QUI?

Tous niveaux. Aucun prérequis nécessaire. La pratique du contact improvisation permet à chacun d'apprendre à son rythme. Les expérimentés se perfectionnent et les débutants sont accompagnés dans la bienveillance tant par la guidance que les autres participants. Un climat de soutien et d'écoute est favorisé afin que l'aventure soient celle d'un groupe tout entier.

PRIX

W-E : 100€    1 JOUR 60€   ou les 2 Stages complets : 180 €

HORAIRES

Le vendredi : accueil à 16h et atelier de 16h30 à 19h30

Le samedi : de 10h à 13h. Pause midi Pic Nic. 14h- 17h. Jam (à confirmer) de 19h à 21h

Le dimanche: de 10h à 13h. Pause midi Pic Nic . 14h - 17h.

LOCALISATION

Le Dancefloor du Verger (voir photo ci-dessous)et les forêts et grottes de Mollans-sur-Ouvèze 26170. (géolocalisation communiquée lors de l’inscription) 

HÉBERGEMENT

En autonomie, chez l'habitant, en gîte, en campings. Nombreuses offres à réserver au plus tôt!

MATÉRIEL

Prévoir : 2 gourdes + chaussures de marche + paire de chaussettes blanches


PROGRAMME DES DEUX WEEKENDS EN PLEIN AIR

Le Dancefloor du Verger: 100m² de plancher flottant avec tapis de danse dans une oliveraie entourée de vignes, surplombant le village de Mollans-sur-Ouvèze.


WEEKEND 1 (6-7 MAI) : TEMPS ET FLUX

Le poids est la matière élémentaire du mouvement.

Le flux est le mode de traitement de cette matière élémentaire.

La tensilité est la variation du flux.

Du flux tenu au flux libre, le poids coule tout au long du corps ou est propulsé à travers lui.  

Êtres de flux, les danseurs sont des êtres du Temps, entre suspension et accélération, lâcher et reprise.  

Le flux a des qualités musicales.

En contact avec nous deux, laissant notre danse entre écoulement et propulsion, j’écoute avec toi notre mélodie.

Ce qui me fascine quand je regarde des contacters, c’est la capacité de leur danse à dessiner le temps. Un temps palpable et qui me touche.


WARM UP

Techniques de danse contemporaine sur les qualité de tonus musculaire (e.a. Release Technique et Fighting Monkey).  Exploration individuelle de différents modes historiques de traiter le poids en danse contemporaine ( la circulation du centre de gravité, la charge du poids dans le mouvement et l’approche de S. Paxton).


AU DANCEFLOOR

Le flux sera abordé comme un phénomène de communication du poids à travers les partenaires et entre eux. Dit autrement, nous partirons à la quête du momentum, ce temps d’intervalle entre deux tensions opposées (S. Paxton). Ce sera l'occasion d'explorer cette notion d'invitation entre partenaires et d'étudier quelques portés dynamiques.

Ensuite,  nous observerons les effets musicaux du flux en duo et trio : rythmes, accents, cadences, silences … et ce qu’ils disent de nos qualités d’intention et d’attention, de nos préférences, de nos conforts et inconfort.


VERS ET DANS LES GROTTES AÉRIENNES

Le flux, en tant que qualité de la circulation du poids dans le corps, sera mis à l’épreuve des terrains les plus accidentés pour observer cette circulation, ses syncopées, ses arrêts et reprises. Par la marche puis via des suggestions augmentant la réponse dynamique de toute la structure corporelle, en solo et en contact. .

En faisant du contact un évènement vécu temporellement, nous observerons les temps de la communication entre éléments proches et éloignés de l’environnement et comment ils parviennent à nous via des techniques d'expansion de la peau.

Enfin, une danse de cette même qualité aura lieu en duo et trio, où « le siège des décisions se vide pour permettre au corps, conduit par son poids et celui de l’autre, d’investir une orientation gravitaire inconnue » (Steve Paxton).


WEEKEND 2 (19-21 MAI) : ESPACE ET DÉSORIENTATION

Quelque chose qui prend forme en 3 dimensions présente des vecteurs et des directions. La danse est la variation de la forme et des degrés d’engagement, de charge. L’intelligence qui parcourt cette double variation est la coordination.

En improvisation, la coordination n’est pas le contrôle spatial du mouvement mais l’art sans formes ni lois d’incarner le principe-même d’espace, de le vivre. Plus loin, c’est la charge d’un mouvement, ce qu’il engage qui construit l’espace et le communique au monde.

En contact improvisation, « on crée un territoire dans l’unique idée de le laisser être investi par les autres » (Steve Paxton). 


WARM UP

Techniques de base en C.I. (pointing, backspace, etc.) avec l’apport de la danse contemporaine (Release technique, Fighting Monkey) pour ouvrir le corps et la relation dans toutes les directions.


SUR LA COLLINE DANS LA FORÊT

Les chemins de traverse, ou lignes de désir, nous enseignent l’art d’aborder (d’absorber ?) les obstacles et les reliefs. Connectés les uns aux autres par le toucher, la traversée d’espaces entremêlés nous révèle nos lignes de désir individuelles. En tension avec celles des autres corps en contact, où allons-nous ? Où est-ce ce désir de rester ensemble qui fait obstacle ?

Les espaces et absences d’espaces, les confins, les plateaux… comment dialoguer avec l’espace ? Seuls et à plusieurs, nous explorerons la tension entre intégration et intervention dans le paysage, une réflexion majeure dans la création en danse contemporaine mais aussi dans le film de danse et le land art. 


AU DANCEFLOOR

La désorientation … voulue ou pas voulue ? Explorons ces deux dimensions !

L’auto-piratage des coordinations habituelles de mon corps m’offre la possibilité de me surprendre moi-même et de faire la part entre le connu et l’inconnu. Ma curiosité peut-elle habiter l’un et l’autre avec autant d’innocence et de soif de sentir ?

Découvrir ce qui est improvisé et ce qui ne l’est pas. Chatouiller le système nerveux, laisser venir ce qui n’a pas de nom, de forme ou de direction et qui, pourtant, sera manifestement encore de la danse dans la seconde qui vient.  

En ouvrant à l’autre la possibilité de me surprendre, j’apprends à reconnaître mes chemins de traverse et ma résilience en un « Ah Aaaaahh, nous y voici ! ». Tant dans l’art de porter, de voltiger ou de tomber et de rebondir, il y a un vaste champs de vecteurs au départ de nous qui se déploient dans une diversité de directions.

Bien sûr, il sera question de fluidité intérieure et de respiration. Bien sûr, il sera question d’intégrité… mais aussi de confiance et de hardiesse !



QUESTIONS RELATIVES À LA SÉCURITÉ

Si le Contact Improvisation est une notion nouvelle, inconnue et qui vous interroge, prenez un temps pour lire ce texte qui vous situera comment  je le considère, le pratique et l'enseigne. Bien sûr, ce n'est que mon approche personnelle.

Voici une vidéo illustrative d'une version toute personnelle et soft du "Contact Improvisation" pour mes amis de Drôme provençale, curieux et qui aimeraient en savoir plus avant de rejoindre un cours ici dans les Baronnies.

Cette vidéo fut tournée avec un danseur amateur, Andy Kilian, avec qui j'ai partagé 10 jours d'études du Contact Improvisation à Berlin en 2019. Oui, c'est de l'improvisation totale et ce n'est pas une performance destinée à démontrer quoi que ce soit. On cherche, on balbutie, on apprend à se connaître, on observe nos actions. On ne cherche pas à épater ou à montrer tout ce qu'on sait faire. C'est un temps de pratique.
La seule chose que nous nous étions dite Andy et moi, c'était "On reste ensemble".



Le Contact Improvisation ("Danse Contact" en français) est une technique de danse post-moderne née à New York au début des 70's.Le focus est mis sur l'échange du poids, l'écoute du partenaire à travers le toucher et la gravité terrestre qui nous porte et nous transporte dans des tonicités musculaires et énergétiques très fluctuantes.

La danse n'est pas écrite à l'avance. Le mouvement émerge de la relation. L'intelligence relationnelle, le respect des limites de chacun et l'esprit du jeu y sont donc primordiaux.

En général, dans notre pratique,nous ne montons pas l'un sur l'autre pour effectuer nos petites voltiges ou fantaisies individuelles sur le dos de l'autre. Notre centre de gravité est entraîné au-dessus de celui du partenaire et c'est cela qui provoque l'élévation. Un peu comme un surfeur qui prend une vague: c'est la vague qui, en réalité, l'invite. C'est une règle technique qui a quelques vertus importantes en termes du partage du poids. Mais il peut en être aussi autrement.

En effet, ici, avec Andy, nous nous amusons, complices, avec cette règle en passant parfois volontairement au-dessus l'un de l'autre ou en nous soulevant. Cela rythme la danse et, dans la diffusion de cette vidéo, donne à voir la diversité d'une relation de danse et d'amitié.

Dans ma transmission, j'aborde ces deux cas de figure: la courtoisie du surfeur invité par la vague et l'espièglerie du singe qui saute ou attrape. Ça s'apprend pas à pas car ça soulève pas mal de connotations personnelles et de vécus. Aucun mouvement en improvisation n'émerge libre de toute signification ou appréciation personnelles. C'est pourquoi offrir un cadre de pratique "safe" constitue le socle de mon travail.

Enfin, se situer clairement dans une approche sensorielle et non sensuelle tant dans les intentions que les attentions avec son partenaire mais aussi avec soi-même permet une plus grande liberté de mouvements et d'appuis mais aussi une relation claire.



ÉCRITURE AUTOMATIQUE POST-JAM

Entendre mes cheveux coincés dans ma capuche. Parasitée de crépitements de bois derrière les oreilles avec des petites touffes de poils raides comme des joncs au sommet des lobes. Un lynx étend son cou comme un petit vers de terre à moitié endormi.

Tendre la main avec des micro-antennes sur le bout des ongles.

Des yeux de mouches logés dans les tâches de rousseur de ma peau.

Le sol vient à moi comme un tapis roulant de supermarché, m'apporter les têtes, les coudes, les creux des genoux que je scanne en silence.

Mon attention est telle que j'ai arrêté de respirer.

Un mur de poupées de chiffon se lie contre ma progression. Une se dérobe. Une autre la remplace. C'est infini. Je n'y arriverais jamais. Je veux dire: je n'arriverai jamais de l'autre côté. Leurs frottement sont des ressacs de bords de mer. Ils me chavirent. Mais je maintiens le cap. Cap Cap. Cap' ou pas cap'? Capitaine Lynx aux tentacules feutrées.

Tout s'ouvre soudainement.

Je navigue sur le bois. La rumeur est derrière moi . Elle chatouille encore ma nuque.

Mon front pénètre l'invisible droit devant.

Éphémère mantra de la mente religieuse, ma tête bourdonne un cri de vide.


CE QUE LE CONTACT IMPRO FAIT À MES PERCEPTIONS

Après un temps d'improvisation ou jam, il est fréquent que certains danseurs prennent un temps pour écrire ou dessiner. Récemment, j'ai eu l'opportunité de rencontrer une danseuse contact avec qui le mouvement fut partagé ainsi que la voix. Après un temps de rencontre par le toucher et l'échange du poids de nos corps, prêtant attention à ce que le contact produisait en nous-mêmes, ma nouvelle partenaire m'invita à un temps d'écriture automatique. Chacune avons écrit à notre façon. Voici ce qui arriva tant dans mon expérience que, au fond, dans mon écriture.

Le sol est lisse. Mon corps est dessus. Tout froid.

L'air est là. Nous sommes un peu là.

Fracas silencieux. Une part de moi est touchée. Par quoi? Je ne sais pas.

Velouté chaussette!

Le sol est moi. Elle, elle est dans l'air et sort du sol.

Picotements, scintillement. Je respire des picotements sur des lieux de moi grâce à toi, Velouté Chaussette.

C'était où déjà? Les murs sont avec l'air et collent à nous.

Mon corps est de la vieille lave. Je coule avec rires avec vertèbres dans les membres.

Des cheveux, mais surtout une invasion de petits chevaux. Trottent et picotent pour me donner une direction.

Je suis bien trop occupée à capter les information du galop tactile. Je n'ai pas le temps d'atteindre.

... Mais pour aller où?

Les cloches sonnent en se balançant. Je les vois dans mon thorax. Leur bruit est couvert par les minuties nomades courant sur peau et textiles.

Je découvre que je peux respirer et être avec toi. Je suis à la maison dans ton dos. Les fenêtres scintillent et nous tapotons des doigts dessus.

Je ne sais pas si je sens ton intention mais ma colonne est prête quand tu touches mes membres. Mon bassin prend des décision de capitaine de bateau. Bâbord, Tribord! Le coccyx en figure de proue. Ma tête suit comme une queue.

Trop de toucher, marée montante.

Je ris pour respirer encore mieux.

Mes yeux sont touchés par tes yeux qui scintillent et tout mon corps disparaît d'un seul coup.

Puis le poids revient. Ma masse se pose sur les leviers, pilastres, échafaudages d'os et de bois, tous en mouvement.

Je suis en mode de survie. Le minimum est énorme.

Ca fait longtemps. Non, c'est nouveau!

Je ne sais pas mais mes rotules glissent pour nous sur le sol.

Trop devient tout devient là. Je ris.

C'est plein de textiles et d'air, cette danse!

Tu tires et tu pousses. Tout mon corps n'est pas présent à cela mais une partie seulement.. puis, le tout vient.

Une partie, puis le tout. Tout ne peut pas être là. Je viens de loin. J'essaie d'arriver entière ici.

Tes doigts dans mes omoplates, tu téléguides mes bras.

Comme je les vois bouger, je leur ouvre ma gorge et les bras rugissent.

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